Le doute perpétuel de l’Autitiste

L’autiste doute !
Il ne doute pas de tout comme Descartes mais il doute…

Ce doute se porte sur les choses simples de la vie courante, un doute permanent à ne pas savoir si maman joue ou est en colère, si la fille seule sur le banc veut rester seule ou bien parler.

Il doute aussi du bien fondé de son existence, de son droit d’exister, rejeté par tous, il doute d’être né sur la bonne planète.

L’autiste doute d’être capable de finir ce projet dans le temps imposé, donc travaille la nuit, doute d’être à l’heure a son rendez vous, donc arrive une heure avant.

L’autiste évolue dans un chaos constant, un brouhaha de signaux contradictoires, les gens s’énervent quand il cherche à faire plaisir et se fait accuser d’égoïsme quand il ne fait rien.

« Vas y souris ! Moins que ça, tu fais la grimace… Rho mais non maintenant tu fais la gueule ! »

L’autiste doute donc il pose des questions, un coup jaune, un coup bleu, un coup vert, personne ne semble capable de lui donner d’explications fiables et stable dans le temps; au mieux on lui répondra :

« Ben tu sais, ça dépend … »

« Cela dépend, ça dépend, ça dépend » se dit l’autiste un peu hébété se demandant de quoi cela dépend ?

Donc ils prend des notes, observe mais apprend que le « ça dépend » dépend lui aussi de la personne, chaque humain suit sa propre règle.

Sans la capacité de comprendre les micro expressions, l’autiste n’a aucune manière de savoir si il fait bien ou pas.
« Pour chaque personne, s’adapter il doit ! » disait maître Yaudiste, sauf que pour s’adapter il faut savoir si ce que l’on fait est correcte ou non.

L’autiste peut donc avoir eu une conversation de deux heures, trente six minutes et vingt quatre secondes sur la mue des Aptenodytes forsteri et donc être très content avant qu’un
« Putain, vas y tu me soûles avec tes pingouins de merde, va bouffer un Kinder et fais pas chier » ne vient interjeter l’autiste qui ne tardera pas a pleurer et souiller son pantalon avant de se faire insulter de « baltringue de merde »

Donc l’autiste se met a douter. Est-ce une bonne idée d’aller parler a des gens, puis de quoi parler, il s’entraînera donc encore et encore a parler de sujets variés qui sont censés plaire aux gens.

Sauf que l’autiste s’ennuie a parler stock options et football, il doute de trouver un jour quelqu’un avec qui parler de mouche drosophile, de manchot ou de l’histoire de l’Arménie.

L’autiste continuera à douter toute sa vie de comment se comporter avec les gens, il doutera du fait qu’il soit débile, tantôt y croyant car il se sera trompé d’un chiffre dans un calcule de quinze pages et tantôt, aillant confiance en lui après la résolution d’un problème arithmétique vieux de dis ans.

L’autiste pourra même douter de son prénom tellement on lui aura donné de sobriquet durant sa vie:
Jimmy Neutron, Forest Gump, Debile, Le Cassos, Einstein, l’attardé, Darwin etc …

« L’autiste a il une identité propre ? » Commence-t-il a se demander, il doute, peut être n’est il qu’un autiste, une erreur, quelque chose qui ne devrait pas exister.

Doit il mettre fin à ses jours ? Parfois c’est malheureusement a ce moment là que l’autiste decide de ne plus douter

Auteur : Benoît Anastay

Juste un autiste avec deux yeux. 

Une réflexion sur « Le doute perpétuel de l’Autitiste »

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